(Mise à jour au 19 octobre à la fin de l'article).
Comme vous le savez peut-être, l'expédition au Québec est pour moi, Flora, une possibilité de me reconvertir.
Enseigner au primaire, suite et fin.
Car enseigner, c'est usant, ça prend énormément d'énergie, l'emploi du temps est très mal réparti sur l'année et les responsabilités importantes (ce sont tout de même des petits êtres que l'on a 24 h par semaine, même si on ne fait pas tout, on peut très bien leur gâcher la vie pendant un an, ou un camarade de classe ingérable peut leur gâcher la vie).
Bref, après des années à me dire, ça ira mieux quand j'aurais de l'expérience, il faut se faire à l'idée que rester instit toute sa carrière ce n'est pas l'idéal pour ma santé. Je pourrais m'étendre longuement sur toutes les raisons abracadabrantesques qui me poussent à m'éloigner de ce métier, mais là n'est pas l'objectif du blog et du post.
La recherche d'emploi en mars-avril.
Comme le Québec est réputé pour embaucher facilement, c'est la fleur au fusil que j'ai envoyé mon CV (à la mode canadienne) à mon arrivée à toutes les annonces qui me semblaient intéressantes. Je n'ai eu aucun réponse. Le marché de l'emploi ici fonctionne en grande partie par le bouche-à-oreille. Et quand on arrive, il n'y a pas beaucoup de bouches dans notre réseau. De plus, je viens d'apprendre il y a 3 semaines que pour travailler dans la fonction publique, ou un service public, il fallait que nos diplômes aient été reconnus par le ministère. Il m'a fallu récupérer tous mes relevés de notes et diplômes et les faire certifier conforme en France. Donc après des navettes de documents entre la France et le Québec, je n'ai envoyé ces documents que depuis le 30 septembre. Il faut à peu près 4 mois pour qu'ils soient validés (oui, les délais sont toujours longs voir très longs ici !). C'est le pays de la PATIENCE.
Après quelques mois de recherche de boulots pour me reconvertir, j'ai finalement accepté un emploi de tutrice de français chez LRDG.
Mon boulot actuel chez LRDG.
Donc, bien que j'ai effectué les démarches pour enseigner dans les écoles au Québec, je travaille actuellement comme tutrice de français. Mes étudiants sont des fonctionnaires canadiens (de tout le Canada) qui doivent obtenir des niveaux de langue A, B ou C car l'anglais et le français sont les langues officielles du Canada. Ils suivent une méthodologie en ligne pour les questions de grammaire, vocabulaire, compréhension et travaillent avec moi l'expression orale. C'est super ! Je suis certains apprenants tous les jours une heure par jour et d'autres prennent des leçons une ou 2 fois par semaine. La plupart des heures sont individuelles. J'apprends beaucoup de choses sur le fonctionnariat ou le Canada. Par contre, c'est précaire, car je suis payée à l'heure avec un statut de travailleur autonome (pas d'assurance maladie, mais j'ai celle de Camille), pas de cotisation retraite et je paierai mes impôts à la fin de l'année).
Le revers de la médaille de la précarité c'est que c'est assez flexible :
- je peux demander un remplaçant dès que je veux.
- je choisis mes horaires en fonction des propositions que l'on me fait. Bon en ce moment, j'ai vu un peu grand, le mardi, j'enchaîne les cours, sans pause, de 7h à 15h. Mais je pense que ce sera temporaire. Je vais "perdre" des étudiants qui passent leur examen gouvernemental.
L'AEC - la demande de permis d'étude.
Du coup, j'ai entamé depuis le mois de juin des procédures pour obtenir un permis d'étude qui me permettra de reprendre mes études (puisque je ne peux pas le faire avec mon permis de travail). J'ai donc trouvé un équivalent BTS, appelé AEC, en cours du soir que j'aurais du commencer le 17 octobre.
En demandant ce permis d'étude, j'ai aussi joint une demande permis de travail ouvert pour Camille qui lui permettra de pouvoir travailler où il veut.
J'ai déposé ces dossiers, très pénibles à remplir, le 16 juillet. Le site annonce 4 semaines de délai pour les demandes depuis le Canada. Nous sommes le 13 octobre, je n'ai aucune réponse.
Mon AEC a donc annulé mon inscription, et je me retrouve à attendre un permis dont je n'aurais peut-être pas besoin.
Contacter quelqu'un, trouver les bonnes infos.
J'aurais aimé contacter IRCC (l'immigration) savoir pourquoi mon dossier avait pris autant de retard, si je peux le modifier. Mais c'est juste impossible de les joindre par téléphone.
Je connais par cœur les étapes à suivre et la dizaine de messages à choix multiples à faire pour avoir enfin l'opportunité d'entendre "taper sur 0 pour obtenir un conseiller". Et une fois le fameux 0 tapé, le répondeur me raccroche au nez !!! A chaque fois cette procédure prend 7 minutes. J'ai donc laissé tomber de les appeler (surtout que je travaille, je n'ai pas beaucoup de temps).
Si je veux avoir des renseignements, il existe des avocats : 150 dollars 30 minutes de questions-réponses. Grrr... Il y a aussi Facebook, gratuit. Mais en discutant avec d'autres immigrés, la grosse problématique reste qu'il n'y a jamais une seule réponse à la question qu'on pose (par exemple, puis-je annuler ma demande de permis d'étude ?) que ce soit parmi les immigrés, les avocats, les douaniers, les sites web, et les conseillers. Même le site de l'immigration est incompréhensible ou amène plusieurs lectures. L'obscurité des directives fait, d'après moi, partie d'un système étatique pour désespérer les gens d'immigrer ! Il en est de même sur l'affichage de faux délais (4 semaines à l'origine pour moi !).
Pour conclure, j'ai l'impression de stagner, je ne vous parle pas du prix de toutes ces démarches...
J'espère que le rebond aura lieu rapidement parce que notre expérience canadienne ne devrait pas s'éterniser au delà de 2 ans. Aussi, si je ne veux pas retourner dans le Mammouth (l'éduc. nat. fr), je croise les doigts pour trouver les bons conseils et la chance d'avoir une bonne opportunité !
Et puis pour le moment c'est surtout l'opportunité de passer plus de temps en famille, de découvrir le monde de l'apprentissage des langues secondes chez les adultes, de faire du tourisme à longueur de week-end, to improve my english, et de faire de l'impro dans les gangs montréalaises. Je ne perds donc pas mon temps !
MISE à jour au 19 octobre.
Finalement, l'espoir de pouvoir avoir une formation intéressante et pas trop chère à Montréal s'est envolé durant la dernière semaine :
- Mon AEC ne m'autorise pas rentrer en janvier car les études à temps partiel n'obtiennent pas les permis d'étude (c'est bon de le savoir 3 mois après avoir obtenu un premier accord ! Grrr ?????)
- Les autres formations potentiellement intéressantes sont très chères (8 987 Dollars, c'est un nombre précis parce que réglementé)
Bref, je vais essayer de me débrouiller autrement que par la reprise d'étude. Pour le moment, je prends acte de cette situation. Ensuite, j'essaierai de rebondir dans un secteur plus propice à ma reconversion.