Ce mercredi 7 décembre à 16h, je reçois via Facebook Messenger un message d'un gars qui a vu ma batterie sur une annonce Facebook Marketplace. En effet, le jour du vol j'avais envoyé une annonce sur Marketplace et je l'avais relayée sur tous les groupes Facebook de batteurs et d'instruments volés du Québec. Quelle surprise, c'est sûr c'est bien ma batterie, j'en suis certain au premier coup d'œil, et elle est en vente dans le "magasin" comptant.com du Boulevard Monk, à 200 mètres de la maison ! Magasin entre guillemets, nous avons là à faire à un "pawnshop" ou "prêteur sur gage" dans notre bon vieux français. Ce type de magasin est loin d'être un concept nouveau... et je n'en ai d'avance pas une bonne image.
J'appelle la police de mon quartier (même si ils ont autre chose à faire) puisque l'on avait ouvert un dossier d'infraction au moment du vol. L'agent me dit d'aller sur place puis d'appeler le 911, d'attendre et une patrouille sera envoyée au magasin.
Je préviens les collègues, je quitte le boulot et j'arrive au pawnshop à 16h15. Je confirme que l'instrument est bien là et que c'est bien ma batterie ! Je préviens le vendeur que c'est mon instrument et que je vais appeler la police pour le récupérer. Réaction contenue du gars, il entend ce que je lui dis mais ne peut rien faire tant qu'il n'a pas le mail de la police demandant la mise en suspend de la vente.
Sur ce, je sors appeler la police puis j'attends. 4 fois le vendeur viendra fumer dehors et nous aurons des échanges très intéressants. J'en apprends plus sur la mécanique du magasin... et du vol.
Je vous la fait courte, la littérature pullule (arrondissement.com, journaldemontreal.com). En gros le voleur (ou n'importe qui d'autre) est venu déposer la batterie pour se faire 240$ cash (250, 260, il n'a pas "su" me dire). Il ne sait pas non plus qui a déposé l'instrument (!!!) et m'a dit clairement que le nom ne correspond généralement pas au justificatif d'identité présenté... 30 jours après, le gars ne s'étant pas présenté pour récupérer son bien : il appartient désormais au pawnshop qui peut alors le mettre en vente.
Le vendeur me dit qu'il ferme son magasin à 17h50 quoi qu'il arrive. Les 2 policières, après m'avoir rappelé 2 fois pour des renseignements, sont arrivées à 17h47 !!! Elles ont mis la vente en suspend et j'ai parlé un moment avec elles. Elles n'en revenaient pas qu'une personne inconnue m'ait prévenu sur Facebook. Elles étaient ravie d'avoir contribué à cette histoire un peu folle et compliquée tout de même. Elles m'ont dit que certains appellent trop la police et d'autres pas assez et m'ont rangé dans cette catégorie. Elles m'ont aussi invité à leur envoyer toutes les captures d'écran des conversations des personnes qui m'ont prévenues pour pouvoir s'en servir et conseiller les prochaines victimes de vols.
Bon, l'histoire est cependant loin d'être terminée. Le service des enquêteurs doit démarrer l'enquête, suite à quoi le service des brocanteurs de la police doit attester que c'est ma batterie, puis le service des enquêteurs me remettra un papier me permettant d'éviter de me rendre une journée à la cours de justice prouver que c'est mon bien... et là, la batterie appartiendra alors à l'assurance, qui m'a indemnisé. Cette dernière décidera si j'ai ou non le droit de racheter mon bien.
Parceque oui, je dois le racheter le prix que le pawnshop a donné en cash au gars qui a déposé l'instrument... mais l'escroc de vendeur n'en sait rien lui-même, rien n'est tracé dans cette histoire...